La Façade

Au fil des diverses tranches de travaux, la Treille a vu sa façade provisoire se déplacer et croître. Durant près de trente ans, la cathédrale est donc restée un grand vaisseau échoué, sans visage. Elle possédait une façade provisoire de briques posées en 1947. Dès le début des années 1980, l’architecte lillois Pierre Louis Carlier montre un intérêt marqué pour l’achèvement de la cathédrale. Dix ans plus tard, il propose avec Peter Rice (le concepteur de l’opéra de Sydney) la construction de cette déconcertante façade, un projet de style sobre et contemporain. Un mur de marbre translucide de près de 30 m, totalement indépendant du reste de l’édifice s’est élevé à la demande de Monseigneur Jean Vilnet. Cette œuvre qui tranche avec le reste de la construction n’en est pas moins en pleine continuité avec le style néo-gothique du reste de l’édifice.

Ce n’est plus du néo-gothique style XIIIème, c’est du néo-gothique XXIème. On y retrouve le même souci de la lumière, l’utilisation de l’ogive non plus étayée par des contreforts extérieurs, mais maintenue de l’intérieur par une astucieuse structure métallique. Voile de Véronique à l’extérieur, buisson ardant à l’intérieur, les références s’inversent une fois la nuit venue, lorsque les projecteurs donnent à voir à la ville, une façade embrasée, « une façade qui n’est pas un mur opaque. Elle laisse entrer la lumière de la ville, et, feu dans la nuit, elle éclaire la ténèbre. Par le marbre translucide, le monde est présent à la prière de la communauté, qui repart ensuite dans sa mission quotidienne aux quatre coins de la cité et au-delà. » (chanoine Jean Coquant, ex-Vicaire Général). Au sommet du grand édifice, une rosace du peintre lillois Ladislas Kijno évoque la Résurrection du Christ, passé des ténèbres de la mort à la Vie en Eden.

Trop de visiteurs ne s’arrêtent à la Treille que pour en admirer une façade qui n’est qu’un prélude. N’est-ce pas voir le Mystère sans chercher à le comprendre ? Certes, ce mur de lumière mérite une admiration sans borne, mais il aveugle trop souvent le passant qui oublie les autres merveilles que recèle la cathédrale et surtout qui ne se laisse pas saisir par le Maître des lieux. Alors si vos pas vous conduisent à la Treille pour contempler ses chef-d’œuvres, voyez-y plus que de la technique et du génie humain, car il s’agit avant tout d’une action de grâce pour le Père.

Découvrez ci-dessous l'architecte Pierre Louis Carlier, architecte de la façade, parcourant la cathédrale :

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Le Campanile Saint Nicolas

En 1874, de généreux donateurs offrent des cloches à Notre-Dame-de-la-Treille. Les deux tours clochers de la façade ouest n’existant pas (elles n’existeront d’ailleurs jamais), on décide d’élever un campanile (clocher détaché d’une église) provisoire. En moins d’un mois est ainsi élevée une tour de 35 m, qui depuis lors abrite les cloches de la cathédrale. Des visites du carillon ont lieu chaque année lors des journées du patrimoine.


Portail Nord dédié à Saint Joseph

Le portail septentrional est voué à saint Joseph, qui occupe ici le pilier trumeau. Il est entouré de Melchisédech, Enos, Adam, Abel, Noé et Aaron. Le tympan met en scène Joseph dans la Bible dans sa partie inférieure, au dessus il présente Joseph dans les Evangiles et enfin célèbre, au sommet, la gloire du patriarche. La voussure est, comme sur le portail sud, peuplée de 42 figures dont 40 sont les aïeux du Christ depuis le roi David. Il s’agit là d’une exacte mise en image de la généalogie du Christ décrite par saint Matthieu.

Curiosités, les deux figures les plus à l’extérieur au bas de la voussure, représentent et opposent l’Eglise triomphante et la Synagogue déchue les yeux bandés et l’étendard brisé.


Portail Sud dédié à Saint Eubert

portail saint hubertLe portail saint Eubert place en son centre, sur le pilier trumeau, le patron en second du diocèse de Lille, entouré d’autres saints évangélisateurs : Eleuthère, Quentin, Piat, Chrysole, Martin et Eloi. Le tympan présente la vocation d’Eubert, les guérisons miraculeuses attribuées à ses saintes reliques, la découverte de son corps en 1230, ainsi que l’apothéose de ce saint dont l’existence n’est avérée que par la légende et la foi qu’elle suscite. Une certitude toutefois, il n’était pas évêque comme le dit la tradition et comme l’a représenté le sculpteur. Les trois arcs de la voussure quant à eux hébergent 42 saints martyrs des dix premières persécutions (54-305).

L’une des curiosités de la cathédrale se trouve à la gauche de la figure de Dieu le Père : saint Achille y est représenté sous les traits de Achille Cardinal Liénart (évêque de Lille de 1928 à 1968).


Portail Ouest dédié à la Treille (1997-1999)

Le grand portail ouest est l’œuvre de Georges Jeanclos (1933-1997). Ce portail de verre et de bronze reprend le thème d’une treille de ceps sur laquelle s’accrochent des groupes de dormeurs naïfs et priants repliés sur eux-mêmes à demi-voilés. Les deux battants se rejoignent sur un pilier trumeau, arbre de vie ou colonne de larmes, portant une Vierge enfantine et invitante.
Soucieux de réconcilier l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, il incorpore dans les drapés de ses créatures de bronze une antique prière juive. Georges Jeanclos ne voit pas son admirable œuvre terminée. Il s’éteint, lui l’israélite, en façonnant jusqu’au terme de ses forces la statue de la Vierge visible dans le chœur.


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